Depuis quelques semaines, l'idée a fait son chemin. Poussée par des amis, j'ai franchi le pas. Voici un extrait de mon livre à paraître. Il s'agira d'un recueil de textes choisis, accompagnés parfois de mes photos :


Voila le train de la vie; l'un court à travers les ronces sans se piquer; l'autre a beau regarder où il met le pied, il trouve des ronces dans le plus beau chemin et arrive au gîte écorché tout vif.

Diderot - Jacques le Fataliste et son maître

Après...

En parler ou se taire ...

Lire... ou passer son chemin

Ecouter... ou être sourd

Compatir... ou en rire

S'en émouvoir... ou en être agacé... 

20170150ksb

 

Tout le monde a son lot de soucis. Petits ou grands, c'est emmerdant. Avant de se retrouver sur le chemin parsemé d'embûches, il y a bien toujours quelqu'un pour assurer de son aide si besoin est... Ca n'engage pas à grand chose les paroles et puis, ça donne bonne conscience. Seulement le jour venu, force est de constater que les belles promesses se sont envolées. Les rares personnes sur lesquelles on peut compter sont absentes ou on n'ose pas les déranger parce que ce n'est pas la joie chez elles non plus. D'ailleurs, on constatera que ce sont justement ces mêmes personnes les plus compatissantes et solidaires. Les autres tendent l'oreille juste pour alimenter leur curiosité.  Ca leur donne un sentiment de supériorité sur l'échelle du bonheur, ça les console parfois de la médiocrité de leur propre existence. Mais ils ne s'investissent pas plus car ils ont trop peur que les soucis leur sautent dessus. Des fois que ça soit contagieux...

D'où la nécessité parfois de parler, d'évacuer, de déverser le trop plein. En l'absence d'un entourage bienveillant, d'un cercle de famille uni. Face à l'incompréhension, à la critique... quitte à l'aiguiser un peu plus au lieu de l'adoucir. Besoin de justifier une situation,  de recueillir des témoignages, de chaleur.... quand dans sa vie il fait froid. Sortir du mutisme, fuir les carcans de solitude. Se libérer des maux.

Parler ou se taire... Dilemne. Se laisser baillonner par les uns opposés à cette forme de liberté d'expression... Distiller ce que l'on veut bien dévoiler aux autres, moins hostiles à cette exhibition de sentiments et émotions. Sans chercher à apitoyer, à faire l'aumône, à rallier à sa cause. Juste parler... quand on ne peut pas le faire ailleurs.

En m'inspirant de mes observations faites sur les réseaux sociaux et des commentaires laissés par des lecteurs totalement dénués d'empathie, j'ai changé les paroles de la chanson de Boris Vian, "Ne vous mariez pas, les filles" :

Ne bloguez pas les meurtris, ne bloguez pas

Allongez vous plutôt sur le sofa

Restez muets, n'emmerdez pas

Dev'nez carpe, stoïque et basta

L'vez pas le doigt, l'vez pas la voix

Lavez en famille vot' linge cracra

Bouffez des boît' de chocolat

Prenez du Prozac ou l'prenez pas

Boîtez là où l'on n'est pas

Soyez heureux sur vot'chemin d'croix

Mais ne bloguez pas , les meurtris

Ne bloguez pas.


Ps : Ne vous méprenez pas sur le sens de cette version parodique...! Je respecte le choix de chacun... de parler ou se taire. Merci d'en faire autant à mon égard. :-D