Au fil des années et au fur et à mesure des divers traumatismes, la peau tendre devient couenne. Une écorce se forme comme un bouclier pour protéger le coeur névralgique de l'affectif où coule la sève nourricière des émotions, de l'humeur. Il suffit néanmoins qu'un violent coup porté dans le dos transperce cette carapace pour que la colonne vertébrale se fendille et menace de se briser. L'équilibre vacille, se craquelle. La force faiblit, tout chancelle. Une tempête agite le faîte et fait naître la confusion dans une cohorte de douleurs. Un arbre robuste, paraissant indestructible avec les pieds bien enracinés ne résiste pas toujours aux bourrasques, aux orages. Ni à la cognée des bûcherons qui caressent l'écorce juste avant de la fracasser. En poussant, sous l'effort, des ho ! et des han ! identiques à des soupirs de jouissance.  

(Se) prendre un pin

20171160392ksb