Ne plus photographier, c'est déjà mourir un peu. C'est sans doute le message qu'est venue me délivrer la palombe entrée dans le salon par la baie vitrée ouverte pendant que je faisais ma sieste sur le canapé. C'est du moins celui que j'ai compris. Parce que ça m'arrange. Je passe mes journées à me reposer, je ne sors pas. Ma tension s'est à peu près stabilisée, je n'ai plus de saignements de nez, mon coeur a retrouvé un rythme normal. Je m'emmerde et trouve que cette oisiveté imposée est du temps bien gâché. Les fortes doses d'anticoagulant me font craindre la moindre coupure, le plus petit choc. Mais je n'aime pas végéter dans de la ouate non plus. En attendant les nouveaux résultats d'examens sanguins et médicaux, ainsi que l'avis du cardiologue en fin de semaine, je ronge mon frein. Je gamberge. C'est le problème quand on a tout de le temps de penser, sans rien avoir pour occuper l'esprit plus sainement. Je pense également à mon frère qui, à 800 kilomètres de là, subit la même punition. Nous ne sommes pas jumeaux mais ce n'est pas la première fois que nous développons les mêmes symptomes et maladies en même temps, sans que nous ayons le moindre contact physique. Ce qui déroute toujours beaucoup le corps médical.

Sur mon canapé, je regarde les oiseaux aller et venir. J'envie leur liberté. Demain, j'attends une livraison de bouquins. Une putain d'histoire de Bernard Minier, Mortels trafics de Pierre Pouchairet, Double je de Franck Thilliez, En voiture, Simone ! d'Aurélie Valognes, 13 à table ! de Françoise Bourdin, Maxime Chattam, François D' Epenoux, Caryl Férey,  Patients de Grand Corps Malade. De la lecture qui devrait m'occuper quelques jours.

L'infirmière passe à 7h30, le technicien de ma machine pour respirer passe en soirée. Robin passe vérifier si tout va bien. Mon mari est en déplacement professionnel. J'ai en permanence les téléphones à proximité pour appeler si besoin. Je sais que les amis contactés accourront. C'est rassurant.

Depuis hier, l'appareil photo me tient également compagnie. Lui et moi, nous sommes devenus inséparables. C'est une longue histoire.

L'étourneau sansonnet est venu me narguer. Suivi des moineaux, mésanges, chardonnerets. Et puis, cette palombe qui a eu aussi peur que moi lorsque je me suis réveillée en sursaut en la découvrant au milieu du salon.

Alors voila, moi vivante.... je n'arrêterai pas la photo !

Merci à vous toutes et tous pour vos messages de soutien. Merci car vos touchantes attentions me donnent aussi le goût et la force de me battre.

Je reviendrai. Vous me manquez. Plus que je ne l'aurais cru. Tout compte fait. Je vous lis sans passer plus de temps que nécessaire devant l'ordinateur. A bientôt !   

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