Longtemps j'ai aimé lire les ouvrages écrits par les femmes. Depuis (quelques déconvenues avec mes con-soeurs ?), j'ai découvert un attrait pour l'écriture masculine. Pas seulement au travers des livres. J'ai remarqué que j'avais aussi une nette préférence pour les textes rédigés par les hommes sur leurs blogs. J'y trouve une autre perception et philosophie de la vie, une expression différente des émotions et sentiments, un humour et second degré auxquels je suis particulièrement réceptive. Il y a cependant des auteurs qui m'ennuient profondément, des styles auxquels je n'accroche pas, un ton qui ne me plait pas : trop ampoulé, trop mièvre, trop moralisateur, trop narcissique.

A passer trop de temps à lire les blogs, j'avais perdu peu à peu le goût à la lecture version papier. J'ai décidé de ne plus me disperser, d'être plus sélective, de consacrer davantage de temps et d'attention à la pile de livres qui prenaient la poussière. J'ai fini de dévorer en une journée l'un des romans de David Foenkinos.

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Je vais mieux m'a conquise, amusée, interpellée, emballée. Quelque part, je suis heureuse de ne pas avoir tenu compte, une nouvelle fois, de la critique et des avis peu flatteurs lus ça et là. J'ai par habitude d'aimer ce que beaucoup d'autres détestent et inversement. Pas par pur esprit de contradiction. Simplement parce que j'ai des goûts bien tranchés et que je ne me laisse aucunement influencer par ce que peut en penser l'opinion générale.

C'est donc avec une voracité retrouvée que j'ai lu ce roman qui se découpe en quatre parties. Un livre plein d'humour et de réflexion sur la vie conjugale, familiale, professionnelle, amoureuse. Sous la plume d'un homme. J'aurais pu écrire certains passages dans lesquels j'ai retrouvé des similitudes avec des situations vécues. J'ai particulièrement aimé et relevé ces lignes au fil des 350 pages :

"....le monde avait changé. Il fallait être efficace. Il fallait êre productif. Il fallait être rentable. Il fallait se battre pour lutter contre tous les "il faut" On entendait frapper à notre porte la nouvelle génération, affamée par le chômage, et robotisée par les nouvelles technologies. Tout cela générait chez moi beaucoup de stress. L'époque où l'on buvait l'apéro le vendredi soir chez les uns et les autres paraissait révolue. Maintenant, on se méfiait. Avoir une relation amicale pouvait presque paraitre suspect. Après les années d'insouciance, la vie en entreprise ressemblait à un pays sous occupation, et je ne savais pas si je devais résister ou collaborer."

"J'avais pourtant l'impression que nous ne nous étions rien dit. C'est peut-être ça, se sentir bien, avec quelqu'un. Ce n'était pas soumis ni à une rentabilité quelconque ni au sentiment d'avoir à se dire vraiment quelque chose. On avait échangé des mots flottants, des bribes de pensées, et tout cela avait formé la plus belle des heures indolores."

J'ai tellement parlé avec enthousiasme de ce livre, qu'il passe dorénavant de main en main dans le cercle des copines. Il ne jaunira pas dans ma bibliothèque.