C'est un éternel recommencement. Dès que les premiers rayons de soleil printanier arrivent à percer la masse nuageuse, il règne une forme d'euphorie. Le rythme des saisons donne la cadence à notre quotidien.

Les médias nous abreuvent de reportages tournés sur les plages et terrasses de cafés-restaurants ensoleillées.

Dans les magasins de bricolage et de sport, on constate une très nette augmentation de la clientèle qui se rue sur les accessoires de plein air.

Sur les routes, on croise des motos aux chromes rutilants et des décapotables comme sorties de la vitrine d'un collectionneur de voitures Majorette.

Les parapharmacies ont largement approvisionné leurs rayons en produits amincissants et crèmes solaires.

Les opticiens lancent une opération commerciale sur les verres solaires.

Les jupes et les pantalons raccourcissent. Les cuisses sont débâchées jusqu'au ras des fesses. Les doigts de pieds prennent l'air. La cagole en chaleur parle encore plus haut et fort.

La hausse du baromètre entraîne une baisse de fréquentation des blogs. D'un seul coup, les statistiques montrent un fléchissement des visites et des commentaires.

Dans peu de temps, ceux qui pestaient contre l'hiver qui s'attardait vont râler après les températures trop chaudes. Les clim' vont turbiner à fond. Les conversations seront alimentées par des souvenirs de plage ou de bord de piscine. Du temps qu'il fait et qu'il ne fait pas, de la météo que l'on veut et que l'on n'aime pas.

C'est un éternel recommencement, une bonne étude pour une thèse sociologique.   

La période des bricoleurs du dimanche, des tondeuses à gazon et des marins d'eau douce est ouverte. Celle des clichés surexposés aussi !

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