Ce n'est qu'à l'âge de 35 ans, au cours d'une hospitalisation, qu'on a découvert que je n'étais pas vaccinée contre le tétanos. Ma mère, depuis que j'avais failli mourir bébé à la suite d'une vaccination contre la coqueluche, était devenue laxiste vis-à-vis du calendrier des vaccins et des rappels. Le fait que je vive chez mes grands-parents maternels à la campagne ne changea rien à sa décision. Ma grand-mère maternelle avait pour habitude de désinfecter les plaies à l'eau de Javel. Pendant des années, j'ai risqué d'être infectée par le redoutable bacille en jouant dans la terre, au contact des animaux, en me blessant accidentellement avec les rosiers du jardin ou les fils barbelés rouillés des pâturages. Je me suis écorchée de partout en tombant de vélo, en courant à travers champs. J'ai survécu à la potentielle contamination, décorée comme une héroïne avec des coquelicots de Mercurochrome aux genoux et coudes.  J'ignore comment la médecine scolaire a pu passer à côté de mon "désert" vaccinal. Est-ce parce que mon père était enseignant et homme politique, réputé pour avoir un caractère emporté quand on le contrariait ? Il faut dire que j'ai eu aussi une scolarité un peu particulière. Tantôt chez une grand-tante, directrice d'école à la retraite officiant comme préceptrice. Tantôt chez mes grands-parents à apprendre au seul contact de la nature. Tantôt chez des cousins, etc... Tantôt dans un internat, tantôt fugueuse...

Depuis, j'ai mis mon carnet de vaccination à jour.

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Début des années 2000, j'ai dû renoncer à ma carrière de soignante en milieu hospitalier parce qu'en raison d'une sclérose en plaques familiale, je n'ai pas obtenu le feu vert de l'Institut Pasteur pour recevoir le vaccin contre l'hépatite B. Trop de risques encourus de développer une SEP, me dit-on. Ce n'est pas ce que les laboratoires pharmaceutiques ont cherché à infirmer depuis des années. Pour eux, il n'y a pas de relation entre le vaccin et la survenue de la maladie neurologique. Bref, toujours est-il que je me suis retrouvée à travailler à l'hôpital mais du côté administratif après avoir tout de même exercé chez un dentiste, une association de malades cérébro-lésés, une clinique.... moins tâtillons certes mais en me spécifiant bien que si j'étais contaminée par le virus de l'hépatite, je ne pourrais pas le faire valoir ensuite comme une maladie professionnelle. Moi pas vaccinée, ils se blindaient les fesses contre toutes éventuelles conséquences. 

Le vaccin BCG (contre la tuberculose) a viré deux fois. Chez mon frère, pareil. C'est par ce même vaccin qu'on a tenté, en vain, de soigner mon père à l'hôpital Edouard Hériot de Lyon.

Malgré une affection cardiovasculaire et pneumologique, je ne me fais pas vacciner contre le virus de la grippe. La seule fois où ma grand-mère maternelle a reçu ce vaccin, elle a été très malade.

A croire que toute la famille est rebelle aux vaccins.

S'il est bien une chose pourtant contre laquelle je voudrais me faire immuniser, sans résistance, ce serait... la connerie et la méchanceté qui vont souvent de pair.

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