D'un côté, vous avez....

Un motor yacht luxueux à louer, le Sanssouci Star . Ce nom dénote. Il me fait penser à la grosse baraque de mes ex-beaux-parents angevins "Sam Suffit" . C'est ronflant et.... "bof".

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Ceci dit, je suis moi-même mal et peu inspirée parfois pour trouver un titre au billet du jour. En voulant se montrer original et jouer avec les mots, on peut arriver à un résultat catastrophique ou ridicule. Le message que l'on voulait véhiculer est alors mal interprété. Il passe même au second plan. Ca peut occasionner des questionnements, des silences, des soupirs, des sourires, des râleries, des commentaires hors sujet aussi....volontaires ou non d'ailleurs. Cela peut aller jusqu'à inspirer un billet d'humour et d'humeur ailleurs.

Voila ce qui arrive lorsqu'on jongle avec les mots. Certains jours, on se montre moins habile que d'autres. Un mot plus haut que l'autre, que l'on a du mal à rattraper et enchaîner dans une phrase. Patatras ! Rien de bien grave, tant qu'on n'assomme ni ne blesse personne avec ces mots lancés maladroitement.

Jouer avec les mots est un exercice délicat. Donner la réplique est comme un jeu de ping pong intellectuel qui doit rester ludique. Quand il se borne à répondre du tac au tac , il a la violence d'une compétition entre deux joueurs qui veulent avoir le dernier mot et sortir vainqueur de l'échange. Au point final, il risque de n'y avoir qu'un seul sourire. Alors que si l'amusement prime de bout en bout, la poignée de mains en fin de jeu sera véritablement chaleureuse, le "merci, à la prochaine" ne sera pas feint mais au contraire enjoué.

Un mot dont on évalue mal le poids peut occasionner un choc. Des mots mal choisis et jetés épars transforment un texte en un champ de mines. (Je ne parle pas ici des manoeuvres intentionnelles de quelques plumes acerbes, comme peut l'être la mienne si besoin est)

Il y a des fautes de goûts, tout comme des fautes d'orthographe qui égratignent l'oeil. Chacun a son seuil de tolérance, comme pour la douleur. Pour ma part, j'évite de trop m'écorcher les yeux afin de pouvoir lire clairement et de ne pas buter sur les mots. Pour passer facilement d'une ligne à la suivante, sans avoir à y revenir dans un effort de compréhension.

A propos de transition, le moment est venu de vous faire passer sur l'autre rive, en vous évitant l'épreuve de la brasse coulée dans le chenal.

De l'autre côté, vous avez...

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Le Rio Tagus, un navire poubelle abandonné par son armateur. Il est immobilisé à quai depuis deux ans et demi.

La métaphore est trop tentante, je m'y risque. C'est un exercice de style auquel je m'adonne avec délectation à défaut de le faire toujours avec brio.

L'écriture est à la fois un exutoire et un plaisir. Une thérapie aussi parfois. La tenue d'un journal intime est une aide précieuse lors de l'adolescence.  On y fait les confessions de ses premières fois, des ses amours, de ses doutes, de ses peurs et pleurs. On gribouille sur son carnet/cahier de bord quotidiennement ou presque. Cela procure une forme d'apaisement. On raconte sa journée à cet "ami", avec joie ou dans la peine. Tantôt en plein questionnement, tantôt plein de certitudes. C'est une forme d'auto-analyse qui permet de grandir, d'acquérir sa propre identité.

Aujourd'hui, le journal intime ne l'est plus et il est tenu par des personnes de tous âges.  Avec l'explosion des réseaux dits sociaux, ces confessions jadis secrètes sont jetées en pâture, sur la place publique. Il y a une forme d'impudeur inenvisageable auparavant et qui aurait fait rougir de honte un jeune pubère si jamais ses écrits avaient été découverts et lus.  Non seulement on donne à lire ouvertement mais on va aussi lire chez le "copain", terme que je mets ici entre guillements car on ne connait pas ladite personne. Encore moins ses réelles intentions et motivations.

S'agit-il d'une trop grande marque d'assurance ou, au contraire, d'immaturité ?

N'est-ce pas un détournement et un mauvais usage de la communication ?

Serait-ce la manifestation de cet égo grandissant depuis l'apparition des reality show où la règle essentielle du "je" est d'être (re)connu ?

Toujours est-il que, pour se préserver des conséquences fâcheuses que pourraient avoir d'éventuelles fuites, dont on est seul responsable quand on a navigué sans respecter les mesures élémentaires de sécurité, il arrive d'être contraint d'"encrer" raisonnablement.  Puis l'usure faisant son oeuvre avec le temps et la privation de liberté, la rouille gagne du terrain. L'ensemble reste en rade. Les rats-leurres, devant la maigre pitance qui leur est désormais réservée, sont les premiers à quitter le navire. A fond de cale. Le capitaine est le dernier à partir. Son carnet de bord sous le bras, il rejoint l'arrière-salle discrète d'un rade du port où il continuera de partager le récit de ses aventures avec seulement deux ou trois compagnons de voyage... intérieur. Il n'aura plus à louvoyer, à s'exprimer à demi-mots.