Les Chroniques de la Mouche KséKsé

Entre coups de coeur et coups de sang, des petits riens de mon quotidien. Des historiettes et photos.

30 mars 2009

Dicton du jour

"Quand tu es dans la "mé..lasse" ne dis rien, et essaye de donner l'impression de savoir ce que tu fais..."

renard

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27 mars 2009

L'évasion

barreaux

J'étais alors âgée de quatre ans et demi et je vivais chez une grand-tante épleurée qui venait de perdre son mari d'un cancer du foie. Celle-ci hébergeait également sa belle-mère de quatre vingt dix ans, sourde et grabataire,  dans son spacieux appartement traversant et perché dans les étages d'une résidence imposante. L'une des façades, celle de la cuisine et de deux chambres, offrait un panorama particulier. Celui de la prison qui, bien vite, me fascina. Au grand dam de ma grand-tante qui s'efforçait à capter mon attention vers de plus saines occupations que celle qui mobilisait la plupart de mon temps : l'observation de la prison et de ses étranges occupants.

Indifférente aux remontrances, aux soupirs d'exaspération, aux injonctions de la grand-tante, je demeurais sur le balcon de la cuisine, les deux mains agrippées aux barreaux. Comme les prisonniers dont j'espionnais les moindres faits et gestes dans leurs cellules. Cela m'amusait de les voir communiquer avec leurs petits miroirs qui étincelaient sous le soleil. De temps en temps, je recevais un de leurs messages codés en plein dans les mirettes qui étaient subitement éblouies. Mince ! Ils m'avaient repérée ! Je me cachais aussitôt en m'accroupissant. C'était marrant ce jeu de cache-cache. Sauf pour la grand-tante qui me rappelait une fois de plus à l'ordre. En vain.

- Tu sais que c'est interdit, ma chérie. Ce sont des voleurs et des méchants qui sont enfermés. Il ne faut pas que tu les regardes comme ça. Ils font du mal aux petites filles comme toi.

Dans ma petite tête d'enfant, je pensais tout autre chose. Mais non, ils ne me faisaient aucun mal. Au contraire, ils étaient devenus comme des compagnons de jeu. Ils ne pouvaient pas être bien méchants. Ils accrochaient même des morceaux de pain au grillage de leurs cellules pour que les oiseaux viennent et puissent manger.

Le soir, avant d'aller me coucher, je prétextais une envie de boire pour me rendre dans la cuisine et jeter le dernier coup d'oeil de la journée. Les mains plaquées au carreau de la porte-fenêtre, j'épiais l'intérieur faiblement éclairé des cellules. Je voyais l'écran lumineux bleu gris des téléviseurs, les points rouges incandescents des cigarettes. Dans la tour des gardiens, j'assistais à la relève de l'équipe du jour. Je les trouvais nombreux ces hommes en uniformes et casquettes sombres. Ils me faisaient peur, eux.

Puis, je filais au lit. Quelquefois, dans la nuit, s'élevaient la plainte et les cris d'un homme. Puis, le silence se réinstallait. Je me rendormais la tête enfouie sous les draps.

Le lendemain, j'attendais avec impatience le moment que j'appréciais le plus. Celui de dix heures. Celui de la promenade des prisonniers dans les courettes prévues à cet effet. Je maudissais les jours de pluie où ces courettes demeuraient vides. Tout comme elles le furent définitivement après ce fameux jour. Celui de l'évasion à laquelle j'ai assisté.

Les hommes étaient sortis par petits groupes de quatre ou cinq, comme d'habitude, dans les courettes toutes surveillées par un gardien, à travers le judas des portes. Dans l'une des courettes, j'avais vu les hommes faire la courte échelle à un prisonnier qui, une fois hissé sur le mur, s'était mis à courir en équilibre sur les tuiles qui en revêtaient le sommet. L'alerte était donnée. Les coups de sifflets résonnaient. On lui aboyait l'ordre de se rendre. Mais, il ne stoppait pas sa fuite. Il avait atteint les toits des ateliers où les prisonniers travaillaient pour pouvoir cantiner. Un jour, j'avais demandé  à ma grand-tante en quoi consistait leur travail.

- Ils fabriquent des jouets, des poupées. 

Comment pouvais-je penser après qu'ils puissent être méchants ces gens qui fabriquaient des jouets pour les enfants ?!

J'avais laissé échappé un petit cri d'angoisse en voyant l'homme glisser légèrement sur le toit d'un des ateliers. Il avait retrouvé son équilibre et il continuait de courir sur l'arête du toit. Il voulait sans doute atteindre le mur d'enceinte. Peut être que des complices l'attendaient de l'autre côté de ce mur ? Dans une voiture, prête à démarrer en trombe. Comme dans les films de gangsters. Seulement, il n'avait visiblement pas prévu une telle distance entre l'extrémité du toit de l'atelier et le mur. Il y avait un écart de plus de cinq mètres. Tenter de sauter, même en prenant le maximum d'élan, était voué à l'échec. C'était même du suicide.

L'homme avait stoppé là, sa fuite. Alors que les autres détenus ramenés dans leurs cellules juste après l'alerte, hurlaient leurs encouragements, tapaient bruyamment sur les barreaux.

Les gardiens s'étaient tous rassemblés au bas de l'atelier. Ils avaient tendu une grande couverture gris foncé.  L'un deux, au moyen d'un mégaphone, demandait à l'évadé de se rendre. Ce dernier hurlait en retour qu'il préférait crever.

C'est alors que j'avais vu le grand camion rouge des pompiers arriver. La lance incendie avait été dirigée vers l'homme sur le toit. Le puissant jet d'eau l'avait balayé immédiatement comme une miette insignifiante. L'homme avait cherché une dernière fois à se cramponner au chéneau. Puis, je l'avais vu basculer en bas, dans la couverture que les surveillants pénitentiaires maintenaient tendue.

Une profonde tristesse m'avait étreinte. J'aurais tant aimé qu'il parvienne à se sauver. Peut-être bien parce que, derrière les barreaux de ce balcon de cuisine dans cet appartement lugubre, je rêvais secrètement d'évasion, moi aussi. C'est d'ailleurs sans doute pour cette même raison que mes dessins d'enfant, à l'époque, faisaient apparaître des barreaux partout. Aux fenêtres des maisons, des voitures. Même les poissons nageaient dans la mer....derrière de gros barreaux gris. Personne ne s'en inquiétait.

   

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26 mars 2009

Tout le monde dit "oui !"

Je vous avais parlé de Cédric, alias Pacs II, ici.

La nouvelle BD de Laudec et Cauvin, parue ce mois-ci, nous rappelle son souhait le plus cher :

cedric

Tout le monde, à l'unisson, dit "oui" à cette union.

C'est au joli mois de mai, à la saison du muguet, propice à l'échange des voeux de bonheur, que Cédric épousera sa jolie et tendre prof de maths préférée (qui m'a réconciliée avec le corps professoral ! Ce n'était pas une mince affaire étant donné le contentieux qui existait depuis de très longues années...Mon aversion pour les maths, en revanche, demeure.)

Une bien belle journée en perspective. Unique, riche en émotions et empreinte de mille et une promesses de bonheur. A laquelle nous assisterons avec le plus grand plaisir. Il y a des mariages qui, d'emblée, laissent transparaître la félicité d'un couple qui, tout naturellement, nous contamine à son bonheur. Sans chichi. Ni flonflon. 

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22 mars 2009

Touvamalgie

Cette publicité de l'Office National Marocain du Tourisme suffit à redonner le sourire :

P1030456

Je me serais bien payé une marocothérapie (allez sur ce site, faites le test loufoque et écoutez les témoignages....c'est que du bonheur !) mais :

- Mister est sans boulot depuis vendredi dernier

- La lampe du téléviseur a implosé hier soir....dépenses en vue. Quoique, pas de télé, pas de redevance = économie (de fric et de conneries). Vu comme ça...:-)

On va donc faire avec les moyens du bord pour se requinquer le moral. A commencer, sans plus tarder :

Mister a quartier libre avec des copains motards pour une virée dominicale et ensoleillée dans les Cévennes. Un couple ne doit pas toujours être collé-serré. Un bol de liberté individuelle, ça fait du bien. Si si, je vous assure Mesdames les adeptes de l'amour fusionnel. Pas coinvaincues ? Vous devriez aller lire ça.

De mon côté, je me suis concocté une journée de bien être absolu avec séance cocooning et chouchoutage de bibi par bibi herself et ....grâce au cadeau de mon attentionnée belle-soeur :

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Et puis, de toute façon, aujourd'hui, je ne suis pas très sociable....J'entame ma nouvelle thérapie pour cordes vocales fatiguées. Telle une diva de la chanson, je m'astreins dorénavant à une journée de silence par semaine. C'est la journée....ardoise magique ! (qu'il faut que je me dégote pour les messages urgents, quand même) En attendant, je fais avec les post-it. Quant aux messages amoureux, ça ne change rien à mes habituels billets doux ou aux déclarations enflammées laissées sur le grand tableau noir d'école qui habille un mur de la cuisine.

Le téléphone peut bien sonner....Je suis dans l'incapacité de répondre. Ca tombe bien, j'en avais pas envie de toute façon.

Ah si ! J'ai fait une entorse au règlement. J'ai répondu à TS (rien à voir avec Tentative de Suicide) parce que le concernant, ce n'est pas envisageable un seul instant de ne pas lui répondre. Y a encore des personnes comme lui, pour qui on veut bien faire des exceptions. Y a pas de contrariété, y a pas d'arrière pensée. C'est comme ça, naturel. Tout simplement. Tellement bien, tellement appréciable.

Bon dimanche à tous !    

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21 mars 2009

Billet chiffonné

Je ne sais par où et comment commencer ce billet. Dans ma tête tout est confus. Je crois que ce billet sera à l'image de mon état d'esprit du jour. Un véritable embrouillamini. Un mélange de nostalgie, d'images heureuses, de rires et de câlins partagés, de chagrin, d'incompréhension, de colère aussi. Je voudrais écrire quelque chose de beau mais j'ai peur de foirer mon hommage. Ne me viennent que des mots que j'aligne, j'efface, je réécris. Des phrases décousues. Le tout ponctué de souvenirs qui se bousculent et auxquels je me raccroche aujourd'hui. Je pourrais choisir de ne rien écrire et garder tout ça pour moi. Mais voila, je ne peux m'y résoudre.

Il faut que j'extériorise la peine qui m'étreint. Les larmes que j'ai versées n'y ont pas remédié. Il faut que je vous parle d'elle. Je voulais d'ailleurs le faire suite à ce billet . Enfin, plus exactement au dernier commentaire que j'y avais laissé. Je faisais allusion aux enfants que j'ai gardés en tant que fille au pair.

J'ai fait sa connaissance un soir de janvier au sortir de l'école. Elle était alors âgée de sept ans. J'étais arrivée en début d'après-midi à l'aéroport d'Heathrow. Sa mère m'avait accueillie dans la maison de Chelsea. J'y avais installé mes affaires dans la chambre qui m'était réservée, au troisème étage. Juste à côté de la chambre spacieuse de la petite princesse des lieux, fille unique, dont j'allais devenir la nounou pendant sept mois. Bien plus qu'une nounou en fait. Une grande soeur, une confidente. Presque une seconde maman. 

Elle avait de longs cheveux blonds, épais et bouclés que je coiffais tous les matins en tresse .... à la française (of course). Une tâche que j'avais en horreur. Elle grimaçait, piaillait quand le peigne ou mes doigts malmenaient sa chevelure rebelle. Cette coiffure était une exigence de sa mère, à laquelle nous nous pliions toutes les deux.  De bien mauvaise grâce. Mais le résultat en valait la peine. Je la revois partant le matin à l'école dans son uniforme gris ou bleu, coiffé d'un chapeau à rebord ou d'un canotier selon la saison. Elle ne manquait jamais de m'appliquer une grosse bise sonore et mouillée sur la joue avant de s'engouffrer dans la voiture qui l'emmenait. 

Elle avait les yeux en amande d'un bleu limpide qui semblaient rire constamment. Dès qu'elle souriait, deux fossettes apparaissaient au bas de ses joues.

J'allais la chercher à la sortie de l'école à seize heures. Les autres petites filles, ce sont leurs mamans qui venaient le plus souvent les chercher avec chauffeur. Sauf sa meilleure copine, Justine. C'est mon amie Fabienne, fille au pair franco-suisse, qui s'en chargeait.

Elle accourait vers moi, me sautait au cou, me plaquait un bisou sur la joue. Main dans la main, nous prenions ensuite le bus sur High Street Kensington et nous rentrions vers Fulham Road. Elle me racontait sa journée, me faisait part de ses devoirs à faire. Avec une moue explicite quand ça ne lui plaisait pas.

Je l'aidais à faire ses devoirs. Il fallait la rouspéter quelquefois quand elle rechignait à la tâche. Je lui avais passé une fois un savon quand j'avais découvert au fond de sa trousse....une antisèche de table de calcul. Elle m'avait fait promettre de ne rien dire à sa mère. En échange, je lui avais fait promettre de ne jamais recommencer.

Après le dîner, venait l'heure du bain. Pour me faire râler, elle s'amusait à éclabousser la salle de bains dont les murs étaient entièrement recouverts de miroirs. A l'heure du coucher, je m'installais sur son lit et je lui lisais une histoire. D'autres fois, elle profitait de ce moment de calme et d'intimité pour me faire quelques confidences. Sur sa copine Justine. Sur sa famille célèbre et riche qui fréquentait la famille royale. Elle prenait alors les allures d'une petite peste. C'était le côté que je détestais chez elle. Un jour, à la question "Que veux-tu faire plus tard ?" elle m'avait répondu de façon hautaine "Je serai billionaire !"

Je préfère garder d'elle tous les moments de tendresse que nous avons échangés. Me remémorer tous les "I love You Nanny" qu'elle me disait pour se faire pardonner d'une bêtise.

J'ai gardé une photo d'elle prise quand elle avait trois ou quatre ans. Elle l'avait décollée d'un des albums photos et me l'avait donnée en cachette de sa mère pour que...là-bas, en France, chez moi, je puisse encore penser à elle.

Je voulais vous raconter encore des tas de choses dans ce billet que je programmais....en d'autres circonstances.

Je vous ai dit avoir gardé des contacts avec les nombreux enfants que j'ai gardés plus jeune. Elle, je l'avais perdue de vue. Je la croyais ..."billionaire".

Aussi, pour préparer ce billet, j'avais entrepris quelques recherches pour savoir éventuellement ce qu'elle était devenue. C'est moche d'apprendre de tristes nouvelles via un moteur de recherche sur le site de The Independent :

Girl fell to death after drinking 17 tequilas

Friday, 4 September 1992 

THE father of a teenage student who fell to her death after drinking 17 tequilas has called for a tightening of licensing laws.

Georgina Meinertzhagen, 16, fell from a second-floor bedroom window of lodgings in Oxford, where she was attending a tutorial college. Georgina, a great-niece of the industrialist Lord Hanson, had spent an evening with friends at an Oxford bar where tequila was served at 50p a measure.

Nicholas Gardiner, the Oxford coroner, said he accepted the police theory that she sat on the window ledge to get fresh air, but lost her hand-hold. He recorded a verdict of accidental death.

After the hearing her father, Daniel Meinertzhagen, a Lloyd's name, of Chelsea, south-west London, said he would not be taking civil action against the bar, Pier 19. 'Nothing can bring my daughter back.'

But Mr Meinertzhagen added that pubs and bars should lose their licences if they served under-age customers. 'If you make it law that they will lose their licence for this sort of thing I am sure they will make time to check the age of the people they are serving drinks to,' he said.

'I find it extraordinary that alcohol in such quantities should be served to young people.'

He said he would be writing to the Clerk of the Licensing Justices drawing their attention to the case, although he had no control over any decision they might make.

Je ne pouvais déjà pas supporter l'alcoolisation et ses conséquences. Là, j'ai une boule de rage qui bloque les cris de révolte dans ma gorge.

Elle n'avait que 16 ans ....

Rest In Peace, Darling !

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20 mars 2009

J'y ai échappé quand j'étais enfant...

....je n'y coupe pas à l'âge adulte !

Quoi donc ?!

Non, pas les lunettes, j'en porte depuis belle lurette.

Quel est l'esprit pervers qui a pensé bien fort "la fessée" ?! Pfff ! Adresse IP repérée, notée, bannie ! Et Paf !

Avant que d'autres idées tordues ne fusent, je préfère stopper là la surenchère des salacités.

Aux dernières nouvelles : Me voila contrainte à aller chez l'orthophoniste !

Cela faisait quelques mois que je me retrouvais aphone en fin de journée (de travail). Ma voix fléchissait au fil des heures et des entretiens (souvent houleux) avec mes trop nombreux interlocuteurs. Sans compter les crises aïgues de "réunionite" du moment au boulot. N'a pas les capacités d'orateur qui veut. 

Le verdict est tombé chez l'ORL. Mes cordes vocales sont fatiguées. Faut les rééduquer. Soit ! Allons-y !

Ce n'est pas que Papouf y voit une obligation majeure. Après tout, le soir, il avait la paix ! ....avec le mime Marceau.

Mais voila que subitement, il est même prêt à m'accompagner aux séances de rééducation orthophonique. DANS LE VAR !

Mais où est-il allé chercher une orthophoniste si loin ? Dans les pages jaunes ?!

Non ! A la télé, figurez-vous ! Seulement, je doute qu'avec ses allers-retours Paca-Paris, elle trouve le moyen de me caser un rendez-vous sur son planning. En plus, avec la pub qu'elle est en train de se faire....va y avoir du mâle à la voix cassée au portillon de son cabinet !

C'est vrai qu'elle est mignonne et sympathique. Cinéphile. Trente quatre ans. Intelligente, cultivée et maintenant...riche ! Championne toute catégorie, quoi !

valerie

Valérie, championne de "Tout le monde veut prendre sa place"

- Je l'aime bien aussi. Là n'est pas le problème. Mais ça fait une trotte Toulon ! Et puis, c'est à moi qu'on a prescrit la rééducation, non mais !

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19 mars 2009

SolidaCRIté

sortezcouvert

Quoiqu'en dise le Pape....

Sortez couvert !

logo

http://2009.sidaction.org/

Posté par Ksenia K à 20:38 - Bafouille du jour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Au piquet !

Jeudi, jour de gueulante.

Le 29 janvier dernier, j'étais déjà grèviste. Je retourne ce jeudi manifester avec mes collègues du service public et les employés du privé. Pourquoi je fais grève ? Eh bien, en voici les principales raisons jetées en vrac dans le sac à vomi ci-après :

en_greve

Parce que ...

...nos conditions de travail se détériorent. La charge de travail augmente mais les moyens dont nous disposons, tant au niveau matériel que des effectifs humains,  sont insuffisants et ne permettent pas de remplir nos fonctions correctement. Au détriment des usagers insatisfaits des services publics. Au détriment des malades dans les hôpitaux où de graves erreurs sont commises. Notre système de santé, longtemps cité en exemple, est à présent en danger. La vie des patients aussi. Il y a de plus en plus de salariés précaires. Une révision de la grille indiciaire est nécessaire compte tenu de la baisse du pouvoir d'achat que dénoncent depuis plusieurs années des fonctionnaires smicards. Les réformes, certes nécessaires, sont décidées trop rapidement et n'importe comment par des énarques qui méconnaissent le travail quotidien effectué par le salarié sur le terrain. La fusion de certains services publics pensée pour faciliter la vie des citoyens dans leurs démarches administratives est toute autre dans la réalité et après application, que celle prévue sur le papier propret des livres blancs ministériels. Résultat : Des files d'attente de plusieurs heures au guichet unique des services fiscaux/sociaux font encore plus grincer les dents qu'avant. Le pôle emploi est englué par les difficultés et n'arrive pas à gérer les dossiers des nouveaux demandeurs d'emploi. La CAF n'arrive pas à résorber le retard pris dans les dossiers dû à un "problème informatique". Le passage à un traitement automatisé des ressources à partir des seules données fournies par les impôts a donné lieu au niveau national à de sérieux ratés. Les allocations logement n'ont pas pu être versées. Des allocataires se retrouvent aujourd'hui, à la fin de la trêve hivernale, menacés d'expulsion pour retard de paiement de loyer.  Le nombre de chômeurs est en constante augmentation. Des sociétés mettent la clé sous la porte tous les jours. Des patrons continuent de délocaliser leurs entreprises, laissant des centaines de salariés sur le pavé et agravant leur précarité. La violence devient ordinaire. Il est fréquent que les enseignants en soient les victimes de la part d'élèves et de parents. Des fonctionnaires d'autres ministères que celui de l'Education Nationale en font également les frais. Les retraités viennent grossir les rangs de la précarité. Il sont laissés pour compte. 

A côté de ça, le bouclier fiscal est maintenu. Les nantis soumis à l'ISF profiteront encore des niches fiscales....Ce ne sont évidemment pas leurs deniers qui ont permis le sauvetage des banques à coups de milliards d'euros ! Mais bien ceux des contribuables que l'on presse comme des citrons. 

Je pourrais vous énumérer encore plein d'autres bonnes raisons d'aller ouvrir son museau et de défiler entre deux banderoles revendicatives et syndicales.

A celui qui est prêt à balancer les sempiternelles piques foireuses anti-grèvistes en guise de contre-argumentation, je l'invite à vivre une journée (au choix) :

- d'un collègue qui s'est fait agresser, puis harceler et menacer de mort la semaine dernière par un individu qui a volé et cassé du matériel avant de quitter les lieux. En toute impunité. 

- d'un copain, surveillant pénitentiaire qui est confronté aux problèmes de l'univers carcéral. Nuit et jour, en alternance. Jours fériés compris. 

- de Mémé, 86 ans sans enfant, qui ne perçoit que la pension de reversion de feu son mari (500 euros). Obligée de quémander pour manger, payer ses factures et se soigner.

- d'un salarié qu'on a recruté à l'autre bout de l'Hexagone dans les rangs des chômeurs, qu'on a déraciné en lui signant un CDI mais qui, juste avant la fin de sa période d'essai, se voit remercié parce que la société va, tout compte fait,  délocaliser dans un pays de l'Est.

-  d'un employé municipal qui le soir venu va manger à la Soupe Populaire et dormir ensuite dans un foyer pour SDF. Ou dans sa voiture, quand il en possède encore une.

- d'un agent administratif, au coeur d'une zone malfamée, qui accueille dans un box fermé une centaine de personnes par jour. Dans un climat encore plus conflictuel. Sans aucune protection contre les agressions dont il a déjà été victime à plusieurs reprises. 

- de toute autre personne désabusée que la crise financière étrangle un peu plus chaque jour et à laquelle on demande d'oeuvrer pour aider à sortir son pays du marasme.

La liste est loin d'être exhaustive.

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17 mars 2009

Pissenlit

pissenlit

Le mot "pissenlit" évoque pour moi deux souvenirs d'enfance distincts. Cela me rappelle les longues promenades dans les champs, sur les chemins avec ma grand-mère maternelle. Après la sieste, elle disait "Allez, on va aller se chercher une bonne salade de pissenlits qu'on fera avec des lardons ce soir". Elle me faisait prendre mon chapeau pour me protéger des rayons du soleil. Elle se munissait d'un vieux couteau dont la lame avait été tellement affûtée sur la meule qu'elle avait pris la forme d'une serpette. Elle fourrait un sac dans la poche de son tablier à bavette bleu. Sur le pas de la porte, elle s'emparait de son bâton de marche. Puis, nous partions à travers la campagne. Au tout début de la promenade, je lui tenais la main. Elle me racontait ses souvenirs d'enfance. Puis, je partais gambader comme un cabri sur le chemin. Je revenais à elle, puis m'eloignais de nouveau. Si bien que je devais couvrir le double, voire le triple de la distance qu'elle parcourait. Tranquillement. Quand elle ne me voyait plus au détour d'un chemin, elle appelait : " Ne t'éloigne pas trop ! Reviens par là !" Je lui obéissais immédiatement. Elle n'avait pas besoin de lever la voix. Je revenais me coller à ses jupes.

De temps à autre, elle s'arrêtait, sortait le couteau de sa poche de tablier, se baissait et ramassait les pissenlits que nous trouvions sur notre route. Elle les mettait au fur et à mesure dans le sac. Quand celui-ci était suffisamment rempli, nous faisions demi-tour et rentrions. Pour le quatre heures qui se composait d'un bol de lait frais et de chocolat en poudre. Il était agrémenté de biscuits qui avaient pris l'humidité du grand placard de la cuisine. Ma grand-mère les achetait par grosses boîtes chez le marchand ambulant qui venait une fois par semaine avec son camion rempli de bric-à-brac.

Ma grand-mère lavait à grande eau les feuilles de pissenlit, puis les essorait dehors en balançant vigoureusement le panier à salade en fil métallique.

Le soir au dîner, nous savourions, après la soupe de légumes accompagnée d'une cuillère de créme fraîche, la délicieuse salade avec une omelette confectionnée avec les oeufs ramassés au poulailler.

Je n'ai jamais remangé de salade de pissenlits.

Mon deuxième souvenir est lié à mon tout premier amoureux. Il s'appelait Alain. C'était le fils du boucher du quartier. Nous avions six ans chacun. Alain et moi nous passions beaucoup de jeudis ensemble dans la cour de l'école où j'habitais désormais, après avoir vécu à droite à gauche chez les uns et les autres. A cette époque, le jour de repos scolaire, c'était le jeudi. De la fenêtre de la grande maison à étage où logeaient quatre couples d'enseignants, on pouvait nous surveiller. Mais il nous arrivait d'échapper quelquefois à la surveillance de la nounou de mon petit frère. Nounou, qui était la marraine de ma mère et qui était âgée de....70 ans. 

Un après-midi, Alain et moi, nous étions partis la main dans la main, ramasser des fleurs jaunes de pissenlits dans les pelouses, les talus. Au gré de notre petite balade. Comme je le faisais avec ma grand-mère à la campagne. Nous en avions fait des petits bouquets et puis, nous les avions vendus dix centimes aux passants. Certains d'entre eux nous donnaient l'argent mais ne prenaient pas les fleurs. Ils nous disaient "On les prendra plus tard quand on repassera" Alain et moi, nous étions honnêtes. On ne revendait pas les bouquets laissés. Nous étions même désespérés, le soir venu, de ne pas revoir les personnes venir chercher leurs fleurs. Alors, on les avait laissées sur un muret au cas où les gens passeraient plus tard.

Quand nous étions rentrés à l'école, toujours main dans la main, avec quelques pièces de monnaie tintant dans nos poches, nous avions eu peur de nous faire sévèrement enguirlander. Mais non, sans plus. Ce qui avait surtout contrarié mes parents c'est que l'on puisse leur reprocher, dans cette petite ville où les potins allaient bon train, .....de faire mendier leur fille !

A présent quand je vois des fleurs de pissenlits, je souris.

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15 mars 2009

On a beau...

On a beau...

S'élever imposant et fier

Paraître fort et inébranlable

On a beau...

Braver pluie, vents et tempêtes

Et rarement fléchir.

On a beau...

Ne pas se laisser abattre facilement...

Sous notre apparente écorce dure,

Nous ne sommes pas faits que de bois.

Même les arbres pleurent...

...Quand ils sont meurtris.

Ce message a été écrit en c(h)oeur par

Ksenia & Papouf

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Posté par Ksenia K à 22:18 - Bafouille du jour - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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