laviesauve"A la fin du mois d'août 2001, alors que je suis installée dans mon bureau, au premier étage de la maison d'édition où je travaille, ma vie bascule. Littéralement, elle tombe par terre."

Finie, l'assurance aveugle de durer toujours. Finis, le jeu social et ses divertissements. Fini, le confort d'une société construite par et pour ceux qui vont bien. Est-ce la fin de tout ? Non.

Car dans l'expérience extraordinairement violente qui consiste à affronter l'idée de sa propre disparition, on apprend beaucoup. Sur la force des instants. Sur le courage et la fragilité. Sur les puissances de l'amitié. Et sur notre capacité à rire. De tout.

La vie est une maladie mortelle. Mais c'est la vie.

Marie Desplechin et Lydie Violet ont écrit ce livre ensemble, pendant de longs mois, sans certitude de jamais le terminer. Ni entretien, ni témoignage, ni récit à deux voix, c'est, à force d'écoute et de partage, un livre où le "je" qui s'exprime est celui d'un seul auteur.

J'ai découvert ce livre lors de sa promotion sur un plateau de télé. Plus que le résumé du livre, c'est le visage de Lydie Violet qui m'a incitée à courir chez mon libraire dès le lendemain.

Un visage serein face à la fatalité, des pattes d'oie significatives au coin des yeux, un sourire fendu, une voix posée, incroyablement calme. Le récit d'une maladie, l'énoncé d'une fin inéluctable, proche, très proche.

Une leçon de vie comme beaucoup d'autres, et que j'ai souhaité écouter, lire pour m'en imprégner, pour en retirer le courage et la force qui transpirent. Pour mieux comprendre les cérébro-lésés avec lesquels j'ai été amenée à travailler sur Montpellier.

Un livre à offrir à la copine-cosette qui geint de ne pas avoir ce qu'elle désire (des sous, la plupart du temps) alors qu'elle possède déjà un bien précieux : la santé.